juin

16

2010

just tell it

Petite question volontairement pas très cool mais un peu réfléchie quand même à Balik, chanteur du groupe parisien Danakil qui vient d’achever un magnifique concert sous le Chapiteau:

« – Comment assumes-tu tes textes engagés contre de multiples formes de discrimination, et le fait que tu as des Nike aux pieds?». Réponse circonstanciée de Balik:

Jusqu’à ce jour, j’ai toujours cru au vieux dicton selon lequel «il n’y a pas de question stupide», ceci je l’avoue sans trop savoir pourquoi. Et depuis cette interview, je n’arrive toujours pas à trouver la nuance entre une question dite « stupide » et une question « qui ne dénote pas de grande réflexion au préalable », d’après le qualificatif que Bakil lui a octroyé. En tout cas, cette question a priori naze lui a offert l’opportunité de parler de plein de choses qui lui tenaient apparemment à coeur.

Retour à leur concert à Festi’neuch.

C’est un samedi au début du mois de juin. Deux jours avant, le groupe local Moonraisers a déjà fait étalage de son expérience scénique et de son efficacité sur cette même scène. Arrivé sur cette dernière sans prévenir, Danakil propose un reggae sincère et conscient, deux qualités désormais rares dans la jungle des pseudocool et d’autres imposteurs coiffés de congres séchés plus ou moins homophobes s’appropriant le reggae comme vecteur de messages détestables.

Rien de tout ça ici. Une chaude section de cuivres, une basse bien présente et ronde à la fois, des skanks précis de claviers et un picking de guitare propre au reggae: chaque ligne d’instrument se mêle l’une à l’autre pour former un tout cohérent qui groove sérieusement. Le public qui arrive gentiment sous le Chapiteau bouge déjà en levant les genoux dans le rythme du riddim joué par le groupe français.

Dehors, une précoce après-midi d’été laisse sa place à la musique et au festival qui peut désormais redémarrer pour la troisième soirée consécutive. Les chansons s’enchaînent et j’aimerais que cela ne s’arrête pas. La poésie de Bakil est musicale, ses rimes habillent des textes décrivant d’autres vies possibles et ouvrent des yeux aveuglés par trop d’écrans haute définition ou symboliques, en rappelant de manière subtile que nos destinées sont bien plus riches que ce que Babylone tente quotidiennement de nous faire croire.

Nul doute désormais. Une entrée à un concert de Danakil devrait être remboursée par l’assurance-maladie.

caméra: Dan

interview: Christophe

prod.: Dan, Laurent, Christophe et Gaël

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